Réagissons!





La Réunion, le maillon faible pour une France forte (5)



Poursuivant notre réflexion sur les problèmes empêchant La Réunion d’intégrer une France forte selon l’idée d’un président candidat, nous abordons aujourd’hui le cinquième volet que nous consacrons à l’unique solution pouvant apporter la seule réponse crédible au problème crucial du chômage de nos jeunes : la mobilité.

C’est à la suite d’un voyage à La Réunion en 1959 avec le général De Gaulle que Michel Debré, Premier ministre, crée le Bumidom (Bureau des migrations d’outre-mer).
Avec une double mission : donner du travail aux Réunionnais d’une part et d’autre part repeupler certaines régions françaises en déficit de bras forts.
À cette époque, il fallait un mois de traversée en bateau pour rejoindre le port de Marseille.
Comme toute entreprise humaine, des migrants ont connu des échecs, notamment à cause de leur faible niveau culturel et étant une proie facile pour des gens mal intentionnés. Ils n’ont été qu’une infime minorité.

Ayant été moi-même migrant durant huit ans en métropole, je peux témoigner n’avoir jamais rencontré de Réunionnais malheureux sur le Vieux Continent (hormis quelques-uns au RER des Halles). Certains y ont acheté une maison ou un appartement et leurs enfants également s’y sont installés.
Leur seul regret - légitime - est de n’avoir pas pu revenir en vacances ne serait-ce que tous les cinq voire dix ans.
Leurs salaires médiocres et les tarifs exorbitants des billets d’avion ont fait de leur migration un véritable exil.
Mais je peux également témoigner qu’il existe en métropole de nombreuses associations de Réunionnais fort dynamiques qui organisent des rencontres festives avec achards, boudin créole, riz, grains, cari poulet et rougail saucisses, le tout couronné d’un bon petit rhum arrangé suivi de ségas et de maloyas.

En 1967, 4 000 migrants se rendaient en métropole par le Bumidom.
En 1967, La Réunion comptait 416 525 habitants.
En 2011, La Réunion compte 839 480 habitants.
En 2011, le Cnarm envoyait 2 500 jeunes en métropole pour se former en entreprise ou bénéficier d’un contrat de travail pérenne. Ladom, pour sa part, envoie par an un maximum de 1 500 jeunes étudiants hors de La Réunion.
Ce qui fait toujours un nombre égal de migrants depuis… 45 ans !
Alors que la population réunionnaise a exactement doublé durant cette période.

Cherchez l’erreur ! ! !
Le Cnarm auditionne environ 10 000 candidats au départ chaque année. Pourquoi autant de refus, de laissés pour compte ?
Que font ces 7 500 jeunes qui ne s’envoleront pas vers la métropole, contrairement à leurs aspirations?
Pourquoi tant de jeunes Français recalés pour un départ vers la mère patrie ?
Sans doute parce qu’ils n’ont pas une bonne maîtrise de leur propre langue : le français.
Mais qui leur répète depuis tant d’années que le kréol est leur langue ?
Qui leur a chanté depuis des décennies que le maloya est leur seule culture ?

Le pied mis sur la première marche de l’échelle de coupée ou le premier pas fait dans le couloir le menant à l’intérieur de l’avion, le jeune Réunionnais se rend vite compte que le créole a disparu du paysage ainsi que le séga et le maloya.
Il y a tant d’autres saveurs merveilleuses, tant d’autres aspects de la culture à découvrir, tant d’autres paysages aussi fabuleux à contempler, tant de villes étonnamment belles à visiter .
Mais qui les a incités et préparés à cette Nouvelle Frontière ?
La mobilité est la panacée à condition que la continuité territoriale soit effective dans les deux sens La Réunion/Paris et Paris/La Réunion.
Il faut permettre aux jeunes de partir vers des horizons nouveaux mais également de pouvoir revenir à La Réunion tous les trois ans visiter famille et amis. Les deux autres années, il y a tant d’autres destinations à des prix dérisoires à visiter : l’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, l’Andorre, Monaco etc. Sans compter les autres villes des différentes régions françaises pour ceux qui souhaitent rester en France.
65 000 jeunes pointent actuellement au Pôle emploi.

Nos politiques - tous bords confondus - n’ont-ils pas d’autres perspectives à proposer à nos jeunes que le RSA et le chômage de longue durée ?
Les politiques nationaux préféreront-ils longtemps encore laisser les enfants d’autres pays s’introduire illégalement sur notre territoire pendant que leurs jeunes enfants de La Réunion n’ont aucune perspective d’avenir ?
La France aura-t-elle encore longtemps besoin d’une Réunion faible, chétive et recroquevillée sur elle-même pour devenir le maillon fort ?

Armand GUNET
Président
Association " Réagissons ! "